6 bonnes raisons d’aller de la micro-entreprise vers la coopérative d’entrepreneurs.

Je suis entrepreneur-salarié de ma propre activité dans Coapi, une coopérative d’entrepreneurs et je vais vous livrer 6 bonnes raisons d’aller de la micro-entreprise à la coopérative d’entrepreneurs.

Vous pourriez considérer qu’il y a dans mon approche un parti pris, ce n’est pas faux. Depuis que je goutte aux vertus de la coopération, j’en ai pris mon parti. J’en ai pris aussi ma partie, car même si nous sommes plusieurs dans la coopérative, elle est mienne. Cette entreprise, car c’est aussi une entreprise, c’est la mienne. Je la possède avec d’autres, mais c’est la mienne.

C’est incroyable de voir à quel point il faut du temps pour se rendre compte que ce dont nous avons besoin existe depuis si longtemps. Une coopérative d’entrepreneurs semble être un nouveau concept et pourtant, la coopération est l’un des plus anciens modes de travail au monde. Le 19e siècle voit des coopératives éclore sous de nombreuses formes.

Les dernières décennies du 20e siècle, poussées par une incontournable pulsion d’individualisme, accueillent « l’auto », le « je », le « je vais le faire moi-même et si possible, je vais le faire tout seul ».  Je n’irai pas jusqu’à dire que l’on pourrait faire le salon de « l’auto »,  mais presque…

1ere raison : Coopérer et reconnaître son humanité
Alors de ce raisonnement de « l’auto » et d’une volonté de simplification vont naitre des systèmes au demeurant, simples et rapides. Certes innovants et pratiques, mais dont la vision est à court terme. Ces systèmes comme celui de la micro-entreprise sont d’ailleurs pensés souvent comme des modes de transition. Je fais une micro-entreprise et si j’arrive à décoller avec ce système j’atteindrai le niveau d’une entreprise.

L’auto-entreprise n’est pas une mauvaise idée, au contraire. Elle permet la liberté à beaucoup d’entrepreneurs qui, sans elle, n’auraient rien fait ou pire, l’auraient et le feraient encore sans se montrer, sans exister (travail au noir).

Tout en étant une bonne idée, l’auto-entreprise emmène ceux qui la pratiquent vers un non-sens de l’être humain.

Nous sommes faits pour vivre et travailler avec l’autre. Nous n’existons qu’avec l’autre, même si nous nous employons à l’éviter, à le pourrir, voire à lui faire concurrence ou la guerre.

C’est en grande partie génétique, quand ce n’est pas génétique c’est tout simplement commercial au sens des échanges dont la finalité n’est en fait rien d’autre que la satisfaction de nos besoins.

Pour commercer, il faut être au moins deux et sincèrement pour plein d’autres belles et sensibles situations il faut être deux ou plus selon les affinités. Beaucoup plus sérieusement, pour travailler de manière riche, collective, soutenante, encourageante, reconnaissante, il faut être deux au moins et cela la micro-entreprise ne le permet pas.

2e raison : Le soutien bienveillant du collectif
Alors bien sûr, si vous avez lu la première bonne raison, vous me direz que l’humanité vous fait une belle jambe et que dans les entreprises que vous avez fréquentées, la présence de l’humain a souvent tout gâché. Je comprends cela très bien pour avoir vécu aussi ce genre de situation. En revanche, la réalité de l’entreprise comme objet anonyme de profit financier ou comme instrument de satisfaction de l’égo perché sur la pyramide n’a pas grand-chose à voir avec ce qui conduit le fonctionnement d’une coopérative.

Dans la coopérative d’entrepreneurs, c’est le collectif qui décide. Une femme, une voix, un homme, une voix. C’est vrai pour les décisions en Assemblée générale, mais c’est aussi vrai au quotidien, pour peu qu’ensemble, tous y prêtent de l’attention.

Chacun à sa propre activité, chacun conserve son autonomie et chacun prend la place qui lui est faite dans le collectif.

Le collectif de la coopérative d’entrepreneurs Coapi est un échange équilibré. Je donne au collectif et le collectif me donne. Je donne un peu de temps et si besoin de mes compétences, en retour le collectif nourrit des dispositifs de formation et de transmission que la structure de la coopérative met en place. J’ai pu par exemple découvrir la notion de RSE (responsabilité sociétale d’entreprise), extrêmement pratique pour la conduite de ma propre activité.

La bienveillance n’existe pas dans la coopérative par l’opération du Saint-Esprit et ce n’est pas non plus le monde de « Oui-Oui ». Elle est composée d’êtres humains avec tout ce que cela suppose. Toutefois chacun travaillant à sa propre activité, les enchevêtrements d’intérêts sont moindres et quand ils sont collectifs, tout un chacun veille à une transparence active. Si nous ajoutons à cela l’idée d’une conduite des échanges dans le respect de chacun, le résultat obtenu de bienveillance est étonnant, concret et sacrément soutenant.

3e bonne raison : Les avantages sociaux
Avec la coopérative d’activité et d’emploi (CAE), vous voilà venu ou revenu vers le Régime général de la Sécurité sociale et sa cohorte d’avantages non négligeables. Il est possible de philosopher longtemps sur le régime général de la sécurité sociale en disant tout le bien ou tout le mal. Il n’est certainement pas parfait, mais il présente tout de même des possibilités qui n’existent simplement pas à l’heure actuelle pour les indépendants en micro-entreprise.

Les positions du gouvernement changent la donne pour les indépendants dans les mois et les années à venir avec notamment un adossement automatique des indépendants au régime général. Mais nous sommes encore loin d’une situation claire et surtout d’une mise en place effective.

Prenons ici deux exemples :

Le premier concerne les indemnités journalières en cas de maladie, les auto-entrepreneurs doivent avoir au moins un an d’affiliation au RSI et un revenu moyen annuel supérieur à 3860€ en 2017 pour pouvoir en bénéficier. En coopérative d’entrepreneurs, pour être indemnisé durant les 6 premiers mois de votre arrêt, vous devez justifier, au jour de l’interruption de travail, des conditions suivantes :

  • avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l’arrêt,
  • ou avoir cotisé, au cours des 6 mois civils précédant l’arrêt, sur la base d’une rémunération au moins égale à 9 906,40 €.
  • Le deuxième exemple concerne ces mêmes indemnités. Dans le cadre de la micro-entreprises, elles  ne couvrent ni les accidents du travail ni les maladies professionnelles. En coopérative d’entrepreneurs, vous êtes couvert comme un salarié le serait dans une entreprise traditionnelle. Vous êtes donc le salarié de votre propre activité.

D’une manière globale, les prises en charge de la retraite sont de meilleure qualité dans le cadre du régime général.

Enfin et c’est essentiel, vous êtes au bénéfice d’un contrat de travail que vous avez signé avec la structure dont vous faites partie et si vous sortez de ce contrat de travail, vos droits et accès au chômage sont pris en charge.

Les exemples sont encore nombreux et tous les évoquer ici serait compliqué, mais dès votre présence à une prochaine réunion d’information Coapi ouverte à tous, vous pourriez les connaitre et les explorer à travers toutes vos questions.

4e bonne raison : L’accompagnement
Dans une coopérative d’entrepreneurs comme Coapi, vous êtes autonome, mais jamais seul. La solitude est rompue par le plaisir de l’échange entre entrepreneurs-salariés, mais aussi dans le lien avec la structure elle-même. Notre gérant, choisi collectivement et démocratiquement assure la fonction de chargé de mission auprès des entrepreneurs-salariés et à travers sa fonction, leur apporte un cadre bienveillant dont l’entrepreneur-salarié peut se saisir.

Je dis ici « peut se saisir », car à l’exception de deux rendez-vous annuels pour faire le point sur la viabilité de l’activité, l’entrepreneur-salarié n’a pas d’obligation autre que financière en direction de la structure. Il peut en revanche demander une aide à tout moment au chargé de mission ou de manière plus large au collectif de ses « collègues ».

L’accompagnement se conçoit aussi sous la forme de diagnostic de votre projet. Cette phase de l’accompagnement est en général préliminaire à l’entrée en coopérative, et permet d’éclairer les décisions d’entrer ou pas dans la coopérative. Nous le développerons plus loin dans cet article, mais la coopérative n’est pas un service en ligne comme peuvent l’être parfois les boites de portage salarial. Les coopératives d’entrepreneurs sont des Scops ou des SCIC qui se reconnaissent et se fondent dans les principes de l’économie sociale et solidaire. En tenant compte de ces aspects, intégrer une coopérative, ce n’est pas comme consommer un service, mais c’est un véritable engagement pour soi et pour les autres.

L’accompagnement se décline aussi sous la forme d’un parrainage entre les membres de la coopérative. Nouveau dans la structure vous trouvez les réponses aux questions auprès de votre parrain. Votre parrain lui-même est filleul d’un autre entrepreneur-salarié et ainsi de suite. Au bout d’un moment dans la structure, vous devenez vous aussi parrain. Cette approche permet à chacun d’obtenir des réponses rapides à des questions précises et de mieux comprendre les rouages d’une coopérative d’entrepreneurs comme Coapi. Pour le parrain, c’est aussi une manière de rester mobilisé sur les valeurs coopératives et de les transmettre.

5e bonne raison : Les formations
Comme pour tout professionnel, la formation est essentielle. Essentielle sur le cœur de métier et plus particulièrement encore sur les fonctions génériques d’entrepreneur. Prenons le cas de la communication, chaque entrepreneur maîtrise son cœur de métier, mais tout le monde ne maîtrise pas l’art de la communication moderne, du marketing numérique devenu indispensable aujourd’hui.

Tous les deux mois, Coapi organise un séminaire sur une journée. Un séminaire où sont proposées des formations dans des domaines divers. Ces formations sont préparées et animées par des membres de la Coopérative en fonction de leurs compétences et expériences. C’est du temps personnel qu’ils donnent au collectif. Elles peuvent être aussi des interventions de personnes extérieures à la structure, qui sur demande interviennent sur des champs de compétences complémentaires.

6e bonne raison : Un travail administratif profondément simplifié
Même si la comptabilité d’une micro-entreprise est simplifiée, le confort apporté par la structure de la coopérative n’a pour moi pas d’égal. Le travail administratif se résume en 3 points :

  • Devis
  • Factures
  • Note de frais

Ce travail est facilité par la mise en place d’une plateforme en ligne permettant la saisie et la mise à jour en temps réel de chacun des aspects de la gestion commerciale et de la comptabilité de votre activité.

Pour ceux qui, aujourd’hui, font appel et payent encore un expert-comptable, sachez que dans Coapi, cette charge financière n’existe plus, car elle est intégrée au service proposé par la coopérative, avec la possibilité d’un échange quotidien.

Concernant une perspective à court terme de l’évolution du statut de micro-entrepreneur, nous avons tous compris que les plafonds de chiffre d’affaires vont être doublés. Il ne sera toujours pas possible de récupérer la TVA sur les achats.

 

Cet article est évidemment celui d’un membre heureux d’une coopérative d’entrepreneurs, mais il n’est pas à charge contre la micro-entreprise. Ce statut est un remarquable pont entre l’idée de départ et le développement pérenne d’une activité professionnelle autonome et rentable.

Mais il est aussi assez naturel de le quitter quand le temps est venu. Ce temps est venu quand se pose la question de sécuriser sa vie professionnelle et personnelle, quand on perçoit aussi qu’on est plus fort à plusieurs que tout seul.

Pour vous, ce moment est-il venu ?